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Connaissez-vous les bienfaits du sexe sur le stress ?

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Les bienfaits du sexe sur le stress ont déjà été prouvés par le passé. La psychologue et sexologue Magali Croset-Calisto, auteur de "Moins de stress grâce au sexe" (paru chez Albin Michel), nous explique en quoi l'acte sexuel, qu'il soit externe, interne, seul(e), à deux, avec ou sans sextoy, peut nous aider à nous détendre au quotidien.

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Top Santé : On parle de bienfaits antistress avec le sexe : est-ce une réalité ou un mythe ?

Magali Croset-Calisto : Le sexe est un formidable anti-stress et ce n’est pas qu’une idée reçue ! De nombreuses recherches médico-psychologiques le prouvent. L’OMS considère d’ailleurs qu’une sexualité harmonieuse est un outil de lutte contre le stress et l’anxiété. Pour ma part, j’ai mené un travail de recherche sur plusieurs années pour comprendre tant les "liaisons dangereuses" que les "liaisons heureuses" entre stress et sexe. Le résultat est probant, la sexualité est une réelle source d’énergie, mais aussi un antidépresseur propice à la préservation de l’équilibre humain.

Si le sexe est aussi bénéfique contre le stress, est-ce pour une raison chimique ?

Nos neurotransmetteurs sécrètent tout un cocktail de molécules biochimiques telle que la dopamine, qui provoque une sensation de bien-être et réactive le désir. Il y a aussi les endorphines, à l’origine de nos sensations de plaisir, et l'ocytocine qui favorise les liens affectifs et l’attachement entre les êtres que l’on appelle aussi "hormone de l’amour"…

Faudrait-il le pratiquer à une "certaine dose" pour qu’il soit utile contre le stress ?

Une étude menée par l’Université de Pennsylvanie à démontré que faire l’amour deux fois par semaine réduisait les risques d’AVC et d’arrêts cardiaques, tout en augmentant les défenses immunitaires. Mais l’étude ne concernait que 100 volontaires et comme je le dis souvent, il n’y a aucune norme en la matière, l’important n’est pas dans la quantité mais bien la qualité. L’enjeu n’est pas le sexe à tout prix, mais bien l’amour, la tendresse et tout ce qui peut faire du bien aux couples. La seule règle est que les deux partenaires soient en phase avec leur désir pour passer des moments d’amour et d’intimité partagés. De même, la génitalisation des rapports n’est pas obligatoire, le plaisir peut exister en dehors de la pénétration ou même des orgasmes à foison.

A l'inverse, le stress peut-il devenir un frein à la sexualité ?

Le stress est une réponse neurobiologique activée de manière naturelle dans le corps, qui inonde l’organisme lors d’événements inattendus ou désagréablement récurrents. Indispensable, le stress est d’abord positif puisqu’il permet à l’organisme de réagir et de s’adapter face à un imprévu. Cependant, le stress positif provoqué par la phase d’alerte peut se transformer en stress néfaste (phase de résistance puis phase d’épuisement). Il peut alors engendrer une fatigue généralisée, des insomnies, de la tachycardies, des crises phobies, des TOC, des crises d’angoisses… Il peut aussi provoquer des maladies cardio-vasculaires, un déficit immunitaire, des troubles intestinaux et avoir de nombreuses conséquences sur la sexualité.

Comment se manifeste-t-il dans le couple ?

Les femmes sont essentiellement touchées par l'hypolibido (la baisse de désir), en raison d'une charge mentale liée au contexte de vie. Les dyspareunies (douleurs ressenties lors des rapports), sont aussi très fréquentes. L'esprit et le corps sont séparés, clivés. À l'extrême, cela peut entraîner un vaginisme, avec des sécheresses telles que la pénétration devient impossible.

Chez les hommes, les dysfonctions érectiles et les éjaculations précoces sont les conséquences les plus fréquentes du stress. Je vois aussi de nombreux hommes en cabinet de consultation qui viennent pour des "angoisses de performance". La peur de l’échec et le désir de toujours faire plus ou mieux sont souvent des signes précurseurs. Bien-sûr, tout ceci a un impact sur la vie des couples et il n’est pas rare, comme dans la vie professionnelle, de voir des couples si stressés qu’ils présentent des états de dépression commune et de burn-out avancé. C’est ce que j’ai appelé dans mon livre, le "burn-out" amoureux. Les partenaires n’ont plus d’énergie et bien souvent, le courant sexuel et relationnel ne passe plus.

Comment éviter ce burn-out amoureux ?

Heureusement, il existe toujours des solutions pour inverser la tendance. Mais avant de penser à la sexualité pour se déstresser, la base primordiale est le repos. Une fois les batteries rechargées, je propose aux couples quelques exercices sexologiques ludiques et ciblés comme :

  • Le Sex-time: l’idée est d’inscrire dans son agenda un rendez-vous avec son partenaire. Le but n’est pas d’avoir un rapport sexuel complet (la pénétration n’est pas obligatoire), mais de s’octroyer un moment intime avec des caresses, des baisers, du peau à peau sur un moment ciblé et circonscrit au départ. Ce moment évite la charge mentale provoquée par l’incertitude et la pression interne qui monte face au temps qui passe sans qu’il ne se passe rien. Il permet aux deux partenaires de se mettre d’accord à l’avance sur le "bon moment".
  • Le Slow-sex: Le slow sex permet de se reconnecter à ses sensations, au corps de l’autre, de s’adonner à une activité sexuelle sans viser l’orgasme cependant, le but premier est le bien-être. Le slow-sex doit pousser les partenaires vers des zones jamais ou peu caressées de manière à sonder leur potentiel érogène. Il vaut mieux avoir du temps devant soi et prévoir une heure ou une heure et demie. Je conseille de scinder le moment en deux : pendant la première demi-heure, la femme guide son/sa partenaire en lui indiquant ce qu’elle aime, ce qu’elle veut et comment, et durant la deuxième demi-heure, les partenaires échanges les rôles. Le but du slow-sex est de renouer avec le temps qui passe de manière positive et sensitive. On se caresse, on explore différentes zones du corps, on le découvre, on peut se masser, se bander les yeux… L’objectif est de renouer avec ses sensations psycho-corporelles tout en prenant son temps.

La masturbation peut-elle également à être moins stressé.e ?

Bien-sûr ! Qu’elle soit pratiquée seul.e ou à deux, effectuée manuellement ou accompagnée d’accessoires tels que des sextoys, la masturbation agit également comme un antistress puisqu’elle procure sur le plan corporel mais aussi sur le plan cérébral les mêmes effets qu’un rapport sexuel. Elle active les zones sexuelles primaires (zones génitales) et secondaires (seins, mamelons, zones érogènes) tout en mettant en ébullition notre système de plaisir dans le cerveau, appelé circuit de la récompense. Comme pour la sexualité en général, l’état de détente et le bien-être que procure la masturbation fait baisser le taux de cortisol (l'hormone du stress) dans le corps.

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