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Covid et nicotine : une étude va évaluer son efficacité en prévention de l’infection

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Oui ou non, la nicotine protège-t-elle du coronavirus ? Pour répondre à cette question, l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris (AP-HP) lance une étude nationale, appelée Nicovid Prev. Pilotée par le Pr Zahir Amoura, Chef de service à l'hôpital Pitié-Salpêtrière, elle a pour objectif d'inclure 1 633 personnels soignants médicaux et non médicaux travaillant dans un établissement de santé, non-fumeurs (ou anciens fumeurs ayant arrêté depuis plus de 12 mois), n’ayant pas d’antécédent de COVID-19 et travaillant au contact de patients (qu’ils soient ou non atteints de COVID-19).

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Cette étude randomisée a d'ores et déjà démarré dans les hôpitaux de la Pitié-Salpêtrière et Charles-Foix, précise un communiqué de presse de l'AP-HP du 20 novembre. Elle a vocation à s’étendre sur le territoire national dans 15 centres hospitaliers, dont le Groupe Hospitalier de la Région de Mulhouse et Sud-Alsace ces prochains jours.

L’objectif de cette étude, randomisée, en double aveugle est d’évaluer l’efficacité des patchs de nicotine en termes de prévention de l’infection Covid-19 chez des soignants. L'AP-HP rappelle qu'il n’existe pas à ce jour de traitement qui prévienne l’infection, notamment dans les populations exposées comme les personnels soignants.

La nicotine pourrait avoir un effet protecteur

En avril dernier, une étude observationnelle de l'AP-HP portant sur 350 malades hospitalisés laissait penser que les fumeurs avaient un risque moins important d'être contaminés par le Covid-19. "La nicotine aurait des vertus préventives contre le Covid-19" apprenait-on dans cette étude menée par à l'hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris.

Selon l'AP-HP, "les données récentes évoquent le rôle majeur de la nicotine dans l’effet observé et laissent anticiper un possible bénéfice de l’utilisation des substituts nicotiniques". Elle précise que les données épidémiologiques françaises montrent un taux de fumeurs actifs significativement plus faible dans la population Covid-19 que dans la population générale. L'explication ? La nicotine serait responsable de cet effet protecteur en inhibant la pénétration et la propagation du virus dans les cellules. Elle pourrait ainsi avoir un rôle préventif.

Mais d'autres études prouvent le contraire

Non, la nicotine ne protège pas contre le coronavirus selon deux études américaines. Au contraire, elles montrent que les fumeurs ont plus de risques de souffrir d'une forme sévère du Covid-19. Ces études relayées fin juillet par le quotidien britannique The Guardian indiquent que les fumeurs et les vapoteurs ne sont pas protégés contre le Covid-19. Bien au contraire. Des chercheurs de l' Université de Californie ont étudié les dossiers sanitaires de 8000 jeunes adultes. Ils ont ainsi découvert qu'une vulnérabilité face à la maladie existait chez 32% des fumeurs mais seulement chez 16% des non-fumeurs.

Tandis qu'une seconde étude, menée par la Society for Research on Nicotine and Tobacco auprès de 11 000 patients touchés par le coronavirus, conclut que "le tabagisme est un facteur de risque de progression du Covid-19" et que les fumeurs sont presque deux fois plus susceptibles que les non-fumeurs de développer des symptômes graves.

Des conclusions qui n'étonnent guère les chercheurs qui expliquent : "les produits du tabac provoquent une inflammation des voies respiratoires et affectent l'immunité pulmonaire, ce qui rend les gens plus sensibles aux infections en général".

Fumer n'apporte pas de bénéfice pour la santé

Quelles que soient ces hypothèses, il faut rester prudent et se rappeler que le tabagisme est la première cause de mort évitable encore en 2020 et "rien ne permet d’espérer un rapport risque/bénéfice positif du tabagisme dans la lutte contre le COVID-19", commente l'AP-HP ce 20 novembre, avant de souligner que "le tabac tue beaucoup plus qu’il ne protège."

Les tabacologues rappellent aussi aux fumeurs qu'en raison de leur moins bonne santé pulmonaire et cardiovasculaire, ils restent malgré tout à risque d'attraper le Covid-19. La tension élevée et le diabète sont deux facteurs aggravants pour le Covid-19, clairement identifiés et souvent associés au tabagisme.

On compte chaque jour en France 200 décès imputables au tabac. En somme, même si les études concluaient à un effet protecteur contre le virus, la cigarette n'apporterait pas de bénéfice à la santé.

En avril, suite à la publication de l'étude de l'AP-HP et dans l'espoir de bénéficier des effets protecteurs de la nicotine, de nombreuses personnes s'étaient rendues chez le pharmacien pour obtenir des boites de substituts nicotiniques, patchs ou chewing-gums. Le gouvernement avait même dû limiter la délivrance de ces substituts "d’une part pour prévenir les risques sanitaires liés à une consommation excessive ou un mésusage et d'autre part pour garantir l’approvisionnement continu et adapté des personnes nécessitant un accompagnement médicamenteux dans le cadre d’un sevrage tabagique". Un arrêté avait été publié, stipulant une délivrance des substituts nicotiniques limitée à un mois.

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