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Des prothèses mammaires à surface texturées interdites

Des prothèses mammaires à surface texturées interdites

On attendait sa décision. Le verdict est tombé : dans un communiqué publié ce jeudi 4 avril, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) annonce le retrait du marché des implants mammaires macrotexturés et de ceux à surface recouverte de polyuréthane. Cette décision prise "par mesure de précaution" vise à "réduire le risque de lymphomes anaplasiques à grandes cellules associés aux implants mammaires (LAGC-AIM)".

Le LAGC AIM est un type rare de lymphome à lymphocytes T, un cancer rare mais très agressif. L'agence sanitaire a enquêté sur un éventuel lien entre la survenue de cette maladie et les prothèses mammaires texturées, après le signalement de cas de LAGC AIM. Elle conclut que le risque reste "rare mais grave" d'où sa décision d'interdire certains implants macrotexturés de texture équivalente à l'enveloppe Biocell d'Allergan et en polyuréthane. "Au regard de l'ensemble des informations dont elle dispose, dont des avis d'experts indépendants, l'ANSM considère que la texturation de certains implants macrotexturés et implants à surface recouverte de polyuréthane constitue un facteur de risque dans l'apparition de LAGC-AIM", souligne le gendarme sanitaire dans son avis.

La controverse autour de la sûreté des implants mammaires texturés a grandi depuis le signalement de cas de LAGC AIM chez des porteuses d'implants mammaires. Dès 2011, 59 cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules associés aux implants mammaires (LAGC-AIM) ont été déclarés en France.

Dans ses conclusions, l'ANSM considère que "plus l'implant est texturé et rugueux, plus le risque de survenue de LAGC-AIM est important". L'agence sanitaire recommande d'utiliser de préférence des implants mammaires lisses en chirurgie esthétique ou reconstructrice.

La décision de retirer du marché français et d'interdire la mise sur le marché, la distribution et l'utilisation de ce type d'implants mammaires prend effet le 5 avril 2019.

Pas d'explantation préventive pour les porteuses de ces implants

Au regard de la rareté du risque de LACG, l'ANSM tient cependant à rassurer les porteuses d'implants mammaires texturés et à surface recouverte de polyuréthane: elle ne recommande pas d'explantation préventive.

Aux candidates à la pose d'implants mammaires, l'agence du médicament rappelle l'importance d'être informée sur "les avantages et inconvénients des différents implants disponibles et des techniques alternatives en chirurgie esthétique ou en reconstruction après un cancer du sein". Avant la pose d'implants, toutes les femmes doivent recevoir un document "mentionnant notamment l'identification de la surface de l'implant (lisse, micro texturée…), sa durée de vie limitée et l'éventuelle nécessité d'une ré-intervention qui en découle ainsi que le suivi médical".

400 000 femmes sont porteuses d'implants mammaires en France (chiffre 2017), selon l'ANSM.

Pour plus d'information, un numéro vert est à disposition au 0800 71 02 35 (appel gratuit du lundi au vendredi de 9h à 19h).

Le risque de lymphomes anaplasiques à grandes cellules associé aux #implants mammaires reste un risque rare#ANSM ne recommande pas d’explantation préventive pour les femmes porteuses de ces implants
Une FAQ et un numéro vert sont à disposition
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— ANSM (@ansm) April 4, 2019

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