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Grossesse : un médicament contre le lupus et la sclérose en plaques responsable de malformations

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Avez-vous déjà entendu parler du mycophénolate ? Ce principe actif (notamment commercialisé par les laboratoires Biogaran, Mylan, Sandoz et Teva) appartient à la famille des immunosuppresseurs, ce qui signifie qu'il a pour effet d'atténuer les réactions immunitaires de l'organisme.

Vendus sous la forme de gélules, de suspensions buvables ou encore de comprimés gastro-résistants, les médicaments à base de mycophénolate sont notamment prescrits pour prévenir le risque de rejet après une greffe d'organe – une greffe de rein, par exemple. Ils sont également utilisés dans le cadre du traitement de certaines pathologies auto-immunes telles que la sclérose en plaques ou le lupus érythémateux.

Une récente étude du Groupe d'Intérêt Scientifique EPI-PHARE (conduite auprès de 17 726 Françaises âgées de 13 ans à 49 ans) montre que les médicaments à base de mycophénolate sont de plus en plus utilisés par les femmes en âge de procréer : les chercheurs soulignent ainsi une augmentation de 44 % du recours à ces médicaments entre 2010 et 2017, à la fois dans le cadre de greffes et de maladies auto-immunes.

Mycophénolate : un risque de malformation et de fausse couche pendant la grossesse

Problème : dans un point publié ce lundi 10 février 2020, l'ANSM rappelle qu'en raison du "risque accru de malformations congénitales [du fœtus], cet immunosuppresseur est contre-indiqué pendant la grossesse et chez les femmes susceptibles de procréer qui n'utilisent pas de méthode contraceptive efficace". D'après les autorités sanitaires, le mycophénolate serait aussi responsable de fausses-couches pendant la grossesse.

Les chercheurs estiment que, chaque année entre 2010 et 2017, 50 fœtus environ ont été exposés au mycophénolate. Et, parmi les nouveaux-nés concernés, 12 % présentaient un diagnostic de malformation à la naissance…

Quelle alternative au mycophénolate chez la femme enceinte ? L'ANSM affirme que, chez les femmes enceintes ou désireuses d'avoir un enfant, les médicaments à base de mycophénolate peuvent être remplacés des médicaments à base d'azathioprine : cette alternative est privilégiée en cas d'antécédent de greffe d'organe. Chez les femmes sans antécédent de greffe d'organe, le traitement est généralement interrompu – après avis médical, bien sûr.

Quelles sont les recommandations de l'ANSM ? "Le mycophénolate est contre-indiqué chez les femmes enceintes et chez les femmes susceptibles de procréer n'utilisant pas de méthode contraceptive efficace et adaptée, sauf en l'absence d'alternative thérapeutique appropriée (…). Le mycophénolate est également contre-indiqué pendant l'allaitement".

Les autorités sanitaires ajoutent que les femmes sous traitement à base de mycophénolate doivent "poursuivre une contraception efficace et adaptée" et "consulter en urgence un médecin en cas de suspicion ou de découverte de grossesse". Message reçu !

Sources :

Point d'information ANSM (février 2020)

Acide mycophénolique (Vidal)

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