La maladie d’Alzheimer expliquée en deux mots

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C’est quoi au juste la Maladie d’ Alzheimer (MA)?

Le nom de la maladie fait référence au Dr Aloïs Alzheimer qui l’a découverte en 1906.
Elle attaque certaines parties du cerveau: l’information n’est plus transmise normalement.
C’est une maladie neurodégénérative, elle commence bien avant la phase démentielle et évolue progressivement.
A ce jour, il n’y a pas de traitement à cette maladie dont l’évolution est irréversible. En effet, elle se décline en plusieurs stades : Le stade léger, le stade modéré, le stade avancé et la fin de vie.

Vers quel âge se déclare la maladie?
La plupart des cas surviennent après l’âge de 60-65 ans et plus de 7 patients sur 10 ont plus de 80 ans.
Il semblerait que les plaques amyloïdes, responsables de la dégénérescence des neurones apparaissent 10 à 15 ans avant les symptômes.
***Note : Dans le cas de la maladie d’Alzheimer à début précoce le diagnostic est posé chez des personnes dans la 40 aine ou la 50 aine.

Comment la diagnostique t-on ?
Elle est définie par une association de :

  • troubles démentiels observés
  • existence de plaques amyloïdes et de dégénérence neurofibrillaire sur l’histologie du cerveau
  • une perte neuronale constatée à l’imagerie.

Les troubles cognitifs sont associés parfois à des troubles du comportement ou de la personnalité et vont inaugurer la maladie, ils se caractérisent par les atteintes de :

  • La mémoire : les pertes de la mémoire affecte plus particulièrement la mémoire récente, au début de la maladie le patient se rappelle bien des faits anciens.
  • Le langage : difficultés à parler, à lire et à comprendre ce que les gens disent. Il a des difficultés à trouver le « bon mot ».
  • Les praxis : Le patient a du mal à réaliser certains gestes. Exemples : boutonner sa chemise, utiliser une machine a café, alors qu’il le faisait bien avant.
  • Les gnosies : Le patient ne reconnait plus son monde, il ne reconnait pas les objets, il a aussi des troubles de la vision et de l’espace, il peut se perdre dans son quartier et dans le temps…
  • Les troubles des fonctions exécutives : il ne peut donc pas réaliser des taches importantes de la vie quotidienne, une aide est nécessaire.

L’évolution peut se faire sur plusieurs années avec un retentissement sur la vie quotidienne exemple : se laver, s’habiller, se coiffer, manger, se déplacer. Cela conduit à une dépendance qui s’aggrave et un épuisement des proches.

On parle aussi de Maladies apparentées, c’est quoi au juste?
La maladie d’Alzheimer est la plus fréquente des maladies démentielles mais il existe aussi, les démences vasculaires, les démences à corps de lewy, les démences parkinsoniennes, les démences fronto-temporales.

Comment pose-t-on le diagnostic?
Il est fait à l’issue de plusieurs consultations d’évaluation, ou consultations mémoire :

  • – évaluation clinique : le médecin appréciera l’état général, l’évaluation cardio-vasculaire, l’évaluation sensorielle, l’examen neurologique pour rechercher des mouvements anormaux, des réflexes archaïques, des troubles de la marche et de la posture, des troubles de l’occulo-motricité ou des troubles sphinctériens….
  • l’anamnèse pour rechercher les antécédents personnel et familiaux, les troubles …
  • l’évaluation fonctionnelle : recherche du retentissement sur les actes de la vie quotidienne…
  • Evaluation cognitive globale avec MMSE, les 5 mots de DUBOIS, la bref, le test de l’HORLOGE et la GDS.

***Note: il faut éliminer une maladie qui mimerait une démence et qui serait dans certains cas curable. Exemples : dépression, anxiété, maladie infectieuse (maladie de Lyme, sida, syphilis…), troubles métaboliques (hyponatrémie, hypercalcémie, hypothyroïdie, déficit en folates et B12, maladie cardiovasculaire, insuffisance rénale, une dysfonction hépatique, une hyperglycémie prolongée, une apnée du sommeil, maladie inflammatoire, une hydrocéphalie, un hématome sous dural, une tumeur cérébrale….

D’où l’intérêt d’un bilan biologique complet ainsi que d’une imagerie morphologique qui permettrait la mesure hippocampique, de trouver des lésions vasculaires, une leucoaraiose, des lacunes, une atrophie cérébrale, un élargissement des ventricules, les calcifications des noyaux gris centraux….

Comment on informe le patient du diagnostic?
A l’issue du bilan, on pose un diagnostic ou pas. Si parfois nous avons des doutes, on doit expliquer les résultats dans le cadre d’une consultation d’annonce. On demande au patient d’être si possible accompagné de la personne de confiance car parfois les mots tombent comme des couperets et le patient se protégera par une forme de déni qui va empêcher d’adhérer au projet de soin. Il est donc important d’être à plusieurs pour amplifier l’écoute.
Il est important de porter un diagnostic car cela implique un accompagnement et une prise en charge.
Il n’existe à ce jour aucun traitement qui peut guérir. Mais des études montrent que les médicaments commercialisés retardent l’entrée en institutionnalisation et donc certainement la dépendance en ralentissant un peu l’évolution et en atténuant les troubles du comportement gênants.
Cependant, la prise en charge réelle est ailleurs, elle est dans l’accompagnement médico-social du malade et de sa famille.
Le suivi se fera dans les meilleurs cas par une équipe pluridisciplinaire, tous les 6 à 12 mois.

Auteur(s)

Par Dr Nabila FOUCRET
Gériatre, Saint Denis de la REUNION

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