Vivre avec le diabète de Type 2

diabète de type 2

Egalement appelé Diabète Non Insulinodépendant, ou diabète gras ou diabète de la maturité.

Le diabète de Type 2 est une maladie chronique, évolutive, caractérisée par une élévation du taux de sucre dans le sang appelé hyperglycémie, de manière constante et à des taux anormalement élevés.
Il peut y avoir des étiologies (origines) différentes à cette hyperglycémie, le choix des traitements administrés aux malades en dépendront:

  • Soit le pancréas fabrique toujours de l’insuline mais en quantité insuffisante pour baisser le taux de glucose circulant; On parle alors  d’insulinopénie,
  • Soit cette insuline est présente mais n’accomplit pas bien ses fonctions; on parle alors d’insulinorésistance.

Le diabète de type2  apparaît chez le sujet d’âge mûr, approximativement à la quarantaine et le plus souvent à partir de la cinquantaine. Très rarement chez les sujets jeunes.

Cette maladie est en constante augmentation et les chiffres sont alarmants : l’OMS prédit que d’ici 2030, le diabète sera la septième cause de mortalité dans le monde.

En Algérie, au Maroc et en Tunisie, le nombre de malades a atteint des sommets et dépasse les 3 millions. On les retrouve en particulier au niveau des grandes villes, le nombre de personnes diabétiques des régions rurales étant plus bas mais tout aussi important.

Au Maghreb l’alimentation trop riche et trop grasse ainsi que la sédentarité entrainant surpoids et obésité, joue un rôle très important dans l’apparition de cette maladie.

Le diabète de type 2 est, asymptomatique c’est à dire qu’il n’y a aucun symptôme frappant comme dans le type1.

Les symptômes du diabète de type 2 sont tellement mineurs qu’ils passent souvent inaperçus pendant plusieurs années. On estime qu’il faut en moyenne 7 ans ( entre 5 et 10 ans) pour qu’un diagnostic soit posé. Entretemps la maladie évolue.

 

Quelques signes physiques extérieurs pourraient s’avérer révélateurs. Il s’agit :

  • D’une prise de poids excessive surtout au niveau de la ceinture abdominale (plus de 10      kg en dix ans)
  • Un tour de taille supérieur à 100 cm chez l’homme et 90 cm chez la femme avec prise de poids uniquement du haut du corps. On parle d’obésité gynoÏde.
  • Antecédants diabétiques familiaux.

Dans certains cas, certains signaux d’alarme doivent alerter la personne qui les présente et conduire à une consultation en urgence. Parmi eux :

  • Une soif intense et des envies fréquentes d’uriner, surtout la nuit.
  • Des mycoses au niveau des organes génitaux.
  • Des problèmes de vue.
  • De la fatigue.

 

Diagnostic

Seule une prise de sang effectuée en laboratoire d’analyses médicales permet de déterminer avec certitude si le sujet fait un diabète et ce par la mesure de la glycémie, et/ou de l’hémoglobine glyquée (A1C) dans le sang.

Afin de poser un diagnostic, deux prises de sang à jeûn devront être effectuées. Si, dans les deux cas, la glycémie est supérieure à 1,26g/l le sujet est considéré comme diabétique.

Entre 1,10g/l et 1,26g/l les sujets resteront sous surveillance car ils sont à risque de développer le diabète de type 2 à court terme, surtout s’ils possèdent d’autres facteurs de risque (surpoids, hypertension, sédentarité, mauvaises habitudes alimentaires ..). On parle alors de prédiabète .

Parfois, le diagnostic définitif ne sera posé qu’après un deuxième examen sanguin.

Qu’est ce que l’hémoglobine glyquée  ( HbA1c) ?

L’hémoglobine est une protéine présente dans nos globules rouges (sang) et dont le rôle principal est de transporter l’oxygène du sang vers tous les organes et le gaz carbonique des organes vers les poumons. Le glucose circulant a une affinité pour cette protéine. La part de l’hémoglobine qui capte le glucose est appelée hémoglobine glyquée. Plus le glucose est élevé dans le sang plus il va se fixer à cette protéine. D’où l’intérêt de son dosage chez le patient diabétique. Elle s’exprime en pourcentage.

Son dosage permet de vérifier le taux de sucre dans le sang sur les 2 à 3 derniers mois et donc d’évaluer l’équilibre du diabète. Un pourcentage de l’HbA1c  élevé traduira une  glycémie élevée durant cette période.

On la dose 1 à 2 fois par année chez un sujet dont la glycémie est bien contrôlée. Certains patients peuvent avoir des dosages d’HBA1c plus fréquents (chaque 3 mois par exemple)

Chez un patient avec diabète de type 2, l’HbA1c est supérieure ou égale à 6.5 %

 

Traitement

Il est impossible de soigner un diabète, il s’agit d’une maladie installée à évolution assez lente; le but est d’en ralentir la progression et la survenue de complications.

Le suivi des sujets diabétiques se fait au cas par cas dans le but de baisser le taux de glycémie et de le stabiliser.

Certaines recommandations permettent d’optimiser les résultats comme :

  • Faire de l’exercice physique, au minimum une petite marche quotidienne.
  • Prendre ses médicaments sans oubli et en respectant la prescription.
  • Posséder des bandelettes et un lecteur de glycémie pour surveiller sa glycémie.
  • Suivre un régime diététique consistant à réduire les graisses
    Au delà de 70 ans, le corps ayant changé, perdre du poids reviendrait à perdre de la masse musculaire ATTENTION !!!!!
  • Préférer pâtes et riz et tous les sucres lents (portions limitées) afin d’éviter une hausse trop rapide de la glycémie. Ne jamais totalement supprimer les glucides, ils restent indispensables.
  • Eviter les fruits trop sucrés comme le raisin…La pomme, les fraises sont de meilleurs choix.
  • Diminuer alcools, boissons sucrées, et sel.

Traitement médicamenteux :

Il comprend différentes familles d’antihyperglycémiants qui agissent sur des cibles précises.

Les Biguanides : agissent sur le foie, les muscles et le tissu adipeux (graisse)  en rééquilibrant la glycémie.Molécule : la Metformine.

Les thiazolidinédiones (TZD) : agissent au niveau musculaire et au niveau de la masse graisseuse en favorisant la reconnaissance et la sensibilité à l’insuline.Exemples: Rosiglitazone et Pioglitazone

Les sulfonyluréses(SFN)  : agissent sur les cellules pancréatiques en stimulant la sécrétion d’insuline. Molécules: Glyburide, gliclazide, Glimépiride..

Les Méglitinides : même mécanisme que les SFN. Molécules: Répaglinide, Natéglinide..

Les inhibiteurs de l’alphaglucosidase : agissent sur les cellules intestinales en retardant l’action de digestion des sucres lents et du saccharose retardant du même coup le pic glycémique post prandial (après repas). Molécule: Acarbose.

Les inhibiteurs de la DDP4 : augmentent la synthèse et la libération d’insuline ..et augmente la captation tissulaire de l’insuline .Molécules: Sitagliptine, Saxaglyptine…

Agonistes du récepteur du GLP-1 : augmentent la synthèse et la libération d’insuline. Molécules: Liraglutide, ..

Les inhibiteurs de la SGLT-2: Réduisent la glycémie en augmentant l’excrétion du sucre dans l’urine. Molécules: Canagliflozine, Dapagliflozine, Empagliflozine .

Note :

Il arrive que pour un seul sujet diabétique certaines de ces molécules soient associées.
Le meilleur moyen de savoir si un traitement est efficace est de doser l’HbA1C.
Lorsque plus aucun médicament n’est efficace le recours à l’insuline est indispensable.
Jamais un diabète de type2 ne deviendra type1. On parle de sujet Non -Insulinodépendant, Insulino traité .

Quelques recommandations :

  • Ne pas fumer.
  • Vérifier sa glycémie plusieurs fois par jour.
  • Surveiller l’état de ses pieds, en les hydratant et les massant quotidiennement, à cause du risque de gangrène.
  • Doser son HbA1C en laboratoire spécialisé tous les 3 mois.
  • Faire un check up sang, urines, cœur, reins ,yeux  2 fois par an.
  • Se peser régulièrement.

 

Auteur(s)

Dr M. Hammoutène et M.Mimouni (Pharmacienne)

À propos de l'auteur

L'équipe SantéClic.com

L'équipe SantéClic.com

SantéClic est animé par une équipe pluridisciplinaire et internationale. Des pharmaciens, des médecins, des professionnels de la santé et des spécialistes de l'Internet réunis pour un projet commun : donner accès aux informations santé de façon simple, claire et gratuite.