Actualités - Revue de presse

Médecines alternatives: gare aux dérives sectaires

Médecines alternatives: gare aux dérives sectaires

Les chiffres pointent une réalité incontestable: les médecines alternatives sont une porte d’entrée sur les sectes. Selon la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), les dérives sectaires dans le domaine de la santé représentent près de 40 % de l’ensemble des signalements qu’elle reçoit.

Elle recense ainsi plus de 300 pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique, 1 800 structures d’enseignement ou de formation «à risques» dans le domaine de la santé, 4 000 «psychothérapeutes» autoproclamés qui n’ont suivi aucune formation et ne sont inscrits sur aucun registre. Puis il y a les «biodécodeurs», à la mode en ce moment qui seraient près de 200 et, quelques 800 kinésiologues. Mais aussi, d’après le Conseil de l’ordre, environ 3 000 médecins en lien avec la mouvance sectaire!

«Crédibiliser les promesses»

Quatre Français sur dix ont recours aux médecines alternatives, dont 60 % des malades du cancer. «Ce sont des personnes qui ont une demande légitime de réponses et de soutien mais qui reçoivent une réponse d’escrocs, constate Catherine Picard, présidente de l’UNADFI (Union nationale des associations de défense des familles et de l’individu victimes de sectes).

Elle ajoute: «Cela les place dans une situation de vulnérabilité accrue face au risque d’emprise. Celui qui apporte alors une promesse de guérison, qui soulage l’angoisse de la mort et la peur de la maladie est forcément écouté avec attention. Il lui suffit ensuite de crédibiliser ses promesses avec un fatras de termes scientifiques, une fonction de soignant usurpée… ou pas, d’ailleurs.»

Isoler la personne ciblée

Toute personne qui tombe sous l’emprise d’un gourou ou d’un mouvement sectaire a beaucoup à perdre: de l’argent, son entourage, sa dignité, sa santé parfois. Dans le cas d’un malade, le danger pour la santé est encore majoré car ces «soignants» alternatifs lui conseillent d’arrêter les traitements conventionnels et s’efforcent de l’éloigner des médecins traitants qui pourraient le mettre en garde.

Les conséquences sont alors dramatiques, des décès prématurés, voire des décès qui auraient pu être évités grâce à des soins médicaux appropriés. C’est le cas de ces femmes qui soignent trop tardivement leur cancer du sein après avoir longtemps cru à un «traitement» à base de jus de citron et de méditation

Pour autant, toutes les médecines alternatives ne sont pas sectaires ni dangereuses. Il ne faut pas se refuser le soutien complémentaire de certaines pratiques (méditation, relaxation, acupuncture…), de plus en plus proposées à l’hôpital et même parfois prises en charge en tant que «soins de support». L’important est de rester vigilant et de fuir dès qu’apparaissent certains signes: quand le «soignant» demande d’arrêter tout traitement conventionnel, de ne plus voir de médecin, voire la famille et les amis, de faire une confiance absolue à ses promesses.

Pour en savoir plus, unadfi.org et derives-sectes.gouv.org, le site de la Miviludes. Ce dernier permet d’interroger la Mission et ses correspondants locaux sur une pratique ou un mouvement.

Lire sur le site

À propos de l'auteur

L'équipe SantéClic.com

SantéClic est animé par une équipe pluridisciplinaire et internationale. Des pharmaciens, des médecins, des professionnels de la santé et des spécialistes de l'Internet réunis pour un projet commun : donner accès aux informations santé de façon simple, claire et gratuite.