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Salle de shoot : vers plus d’enceintes en France ?

Salle de shoot : vers plus d'enceintes en France ?

Après Paris et Strasbourg, la ville de Marseille envisage elle-aussi d'ouvrir prochainement une salle de consommation de drogue à moindre risque (SCMR) ou « salle de shoot ». « Cet outil de réduction des risques a fait ses preuves partout dans le monde », a expliqué Patrick Padovani, adjoint au maire de la cité phocéenne chargé de la Santé repris par Le Parisien. Lors d'un colloque sur le sujet, qui se tenait au Parlement européen à Strasbourg ce mercredi 9 avril, il a par ailleurs assuré que le maire Jean-Claude Gaudin (LR) y est favorable, à condition qu'elle soit installée en milieu hospitalier.

« Le cahier des charges (de la SCMR marseillaise) devrait être envoyé fin avril ou début mai à la Mildeca (Mission Interministérielle de lutte contre la drogue et les conduites addictives) et je souhaite que le projet soit bien engagé en septembre », a développé l'adjoint.

Un cadre contraignant et difficile à mettre en place

Depuis décembre 2015, l'expérimentation des « salles de shoot » a été rendue possible par l'adoption de la loi Santé. Les tests de ces SCRMR peuvent se dérouler pendant six ans à partir de l'ouverture de la première salle, qui s'est tenue en octobre 2016 dans le quartier de la Gare du Nord, à Paris. Une autre ouvrait la même année dans la capitale alsacienne, dans l'enceinte des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS). Ces lieux permettent ainsi aux toxicomanes de consommer leur drogue dans un environnement propre et sécurisé, avec du matériel stérile et du personnel médical.

Mais malgré le bilan « exemplaire » de la salle alsacienne « Argos » (selon son comité de pilotage), les villes candidates ne se bousculent pas. D'abord, le cadre légal est contraignant. Il prévoit que chaque salle fonctionne pendant au moins trois ans avant la fin de l'expérimentation, à l'automne 2022. Aucune ne pourra donc ouvrir après octobre prochain.

Ensuite, les élections municipales approchent, et les SCRM ne font pas l'unanimité. L'installation de la première, dans la capitale, s'était par exemple heurtée à l'opposition des riverains et de politiques. En Seine-Saint-Denis (93), les élus restent divisés, explique Sud-Ouest. Le département fait pourtant face aux ravages de l'héroïne, particulièrement à Aulnay-sous-Bois et Sevran, et constitue le deuxième secteur de France le plus touché par l'épidémie de VIH. À Bordeaux, le projet d'installation d'une « salle de shoot » est également « en stand-by », faute de lieu, révèle le quotidien régional.

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